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Olivier Péridy
/ Olivier Péridy / La vie de famille
Olivier Péridy
La vie de famille

Exposition : Du samedi 05 novembre 2005 au samedi 10 décembre 2005

J'ai commencé la série la vie de famille en 2000, en Russie, avec une photographie en noir et blanc réalisée par un dimanche après midi d'été, à la campagne. La vie s'y déroulait comme dans certains films de Mikhalkov, dans l'insouciance et la gaieté, avec ce sentiment amer qui sourd de la vie.

Auteurs : Olivier Péridy.

Nouveau Théatre D'Angers
Téléphone (+33) 0 241 878 080
Site web www.nta-angers.fr
Email contact@nta-angers.fr
12 place Louis Imbach
49000 Angers
France
Du mardi au samedi de 11h00 à 19h00 Visites commentées sur demande au 02.41.24.14.30

Exposition : Artothèque d'Angers 2005
Les acquisitions
Du samedi 17 septembre 2005 au samedi 08 octobre 2005
Nouveau Théatre D'Angers - 49000 Angers

Olivier Péridy, Sans titre, de la série "La vie de famille", 2002-2005. 

« J’ai commencé la série la vie de famille en 2000, en Russie, avec une photographie en noir et blanc réalisée par un dimanche après midi d’été, à la campagne. La vie s’y déroulait comme dans certains films de Mikhalkov, dans l’insouciance et la gaieté, avec ce sentiment amer qui sourd de la vie. Pendant un an, j’ai conservé cette photographie qui me fascinait. Cette impression de solitude, liée au fait que l’image avait été prise d’assez loin, contrastait avec la scène représentée où les personnages semblent être si bien ensemble. C’est en 2001 que le travail de cet ensemble a réellement débuté, parallèlement à d’autres travaux sur le visage. J’ai photographié famille et amis, dans un univers clos autour de la solitude des êtres et du spectateur. Avec Ivan Bounine, la littérature russe de l’exil explore la solitude de l’être. Avec Alexeï Remizov, elle offre un regard sur le monde avec des «yeux tondus». C’est avec leur compagnie que j’ai pensé la photographie comme convocation des solitudes. Mon travail sur le visage se situait dans le même esprit, avec cette finale évidence: l’impossible face à face, l’impossible rencontre. La photographie porte pour moi l’amertume, l’illusion de l’humanité comme possible. La culture ne change pas l’homme, elle n’est qu’une compagnie que l’on se choisit : Homère ou Sophocle. L’Odyssée nous enseigne l’escroquerie, le meurtre, la tromperie, la rouerie, comme biens suprêmes. Oedipe et Ajax portent le tragique, la solitude, l’injustice, le malheur, comme prix à payer pour avoir vécu. Rien de nouveau depuis. Chacun choisit son camp : Ulysse ou Ajax. Ulysse n’est rien par lui-même, il n’est rien sans les dieux, juste un jouet prétentieux. Ajax n’est rien sans les dieux, lui non plus, sauf qu’il est contre eux, et il sait qu’il ne peut gagner que sa mort. Nombreux sont ceux qui connaissent et admirent l’Odyssée, plus rares ceux qui aiment Ajax, et ce n’est pas un hasard. » Olivier Péridy Le titre invite à une célébration tranquille. Les images réunissent adultes et enfants dans des campagnes proches de nous où la disponibilité peut se déployer en flnerie, discussions, baignades ou promenades. Parfois un animal domestique également placide s’immisce dans le champ et participe plus volontiers à la vie des enfants. Cette bonhomie est pourtant minée par une puissante étrangeté. L’auteur choisit de changer régulièrement ses moyens photographiques à commencer par l’appareil et l’optique - des plus sophistiqués aux plus sommaires - mais aussi d’utiliser l’outil informatique. Il fait ainsi décoller le réel vers l’imaginaire. Des noirs d’ombre profonde semblent avaler l’image à partir des bords, ou bien celle-ci est presqu’entièrement floue autour d’un objet lointain, ou bien encore l’image quasi monochrome semble pétrifier personnages et objets dans une attente improbable. Le réel s’éloigne derrière un voile qui le métamorphose et nous introduit dans un autre monde où vivent les fausses preuves, les chimères et les rites indéchiffrables. Le titre de la série prend alors un autre sens, celui d’un hommage lointain aux images de Ralph-Eugene Meatyard ou Emmet Gowin qui photographiaient leurs proches dans des compositions insolites. Résolument inscrit dans la modernité par le choix de la couleur et celui des moyens numériques qui complètent les moyens traditionnels, Olivier Péridy invente une vision du monde qui doit autant à la sensualité des images qu’à une volonté d’explorer le pouvoir de transgression de la photographie. Joëlle Lebailly Olivier Péridy est né en 1963. Il vit et travaille à Nantes. 
photographie.com : 2005-11-05